Le trouble dysphorique prémenstruel

Contenu : menstruations

Aujourd’hui je vais vous parlez d’une maladie qui me concerne. Comme ça, la prochaine fois qu’on me demande ce que c’est, je pourrai balancer cet article au lieu de la page Wiki peut-être que vous allez découvrir ou mieux comprendre une maladie bien réelle mais très mal connue.

Je vais commencer par parler du syndrome prémenstruel ou SPM. Pour une raison que j’ignore, lorsque je parle du SPM aux camarades français.e.s, iels ne semblent pas comprendre ce dont je parle. C’est pourtant une expression courante en Amérique du Nord. Le SPM, c’est l’ensemble des symptômes qu’un.e assigné.e femme fertile présente avant ses menstruations. Ça inclue toutes sortes de symptômes physiques et psychologiques.

En fait, je ne m’étendrais pas trop sur le SPM, parce qu’il n’existe probablement même pas. C’est, encore une fois, une invention du patriarcat pour silencer et invalider le ressenti de celleux qui ont le malheur d’avoir un utérus.  Les symptômes du SPM sont tellement vagues et nombreux que ça peut être à peu près n’importe quoi. En plus, plusieurs études ont démontré que lorsqu’on demande à celleux qui souffriraient du SPM d’écrire leurs symptômes au cour de leur cycle, on remarque qu’en fait il n’y aucune corrélation avec les symptômes et le moment du cycle. Or, le SPM est censé être durant la phase lutéale du cycle, soit la phase après l’ovulation et avant les règles.

Pour plus d’informations sur le mythe du SPM, je vous met en lien un TEDx d’une psychologue sur le thème du SPM.

D’ailleurs, elle mentionne justement le trouble dysphorique prémenstruel, qui est quant à lui bien réel, quoi que plutôt rare, puisqu’il ne toucherait que 2 à 5% des gens nés avec un utérus (Source). Ça en fait c’est sa bonne nouvelle! L.O.L. Bonne nouvelle pour celleux qui n’en souffrent pas, oui. Pour celleux qui font partis de ce 2 à 5%, c’est une tout autre histoire. Pour qu’un diagnostique du TDPM (trouble dysphorique prémenstruel, en plus court) soit posé, il faut qu’au moins 5 des 11 symptômes soient présents dans la plupart des cycles (Source). Les symptômes touchent surtout l’humeur. On peut devenir très irritable, dépressifve ou anxieuxe. Chez moi, je suis surtout d’humeur dépressive et anxieuse, alors que ma mère était plutôt irritable. Et oui, ma mère avait un TDPM aussi. Enfin, contrairement à moi, elle n’a pas été “officiellement” diagnostiquée, mais c’est pas mal évident qu’elle l’était aussi selon ce qu’elle me dit et selon ce que j’ai pu voir et vivre quand elle entrait dans cette période.

Dans le monde médial, ça ne fait pas consensus si le TDPM est une maladie mentale ou physique. Mais honnêtement, personnellement, ça ne change pas grand-chose à ma vie. Je voudrais juste qu’on reconnaisse notre souffrance et qu’on nous croit lorsqu’on en parle. Il ne faut pas oublier qu’on peut souffrir de d’autres maladies mentales en plus de ça. Souvent, le TDPM peut d’ailleurs accentuer une autre neuroatypie.

Trigger Warning : dépression, suicide, automutilation, anxiété

À partir d’ici, je vais parler de mon ressenti plus explicitement et ce que ça implique dans ma vie. Comme je l’ai dit, on ne vit pas toustes le TDPM de la même manière, sauf qu’il est bien important de comprendre une chose : c’est extrêmement pénible et ça nous empêche de fonctionner normalement. Dans mon cas, je peux être dans ma période de TDPM juqu’à 10 jours avant mes règles + 1-2 jours après le début de mes règles, sur un cycle d’environ 30 jours (je ne suis pas régulier.e)… Donc calculez qu’environ une journée sur trois dans ma vie, je me sens systématiquement vraiment pas bien.

Donc comme je disais, chez moi, ça s’exprime surtout par l’anxiété et un état dépressif, parfois je peux être irritable mais c’est moins marqué que chez d’autres concerné.e.s. Le premier symptôme que je remarque, c’est la sensation d’avoir un point dans la poitrine, de me sentir serré.e, avoir l’impression de ne pas pouvoir bien respirer… Bref, de l’anxiété. Et ça, ça m’arrive même quand tout va bien dans le meilleur des mondes. Alors, quand j’ai des raisons d’être angoissé.e, c’est encore pire.

Au fil des jours, l’anxiété augmente, puis je finis par entrer dans un état dépressif. Je suis déjà hyper sensible en temps normal, sauf que là je deviens méga hyper sensible, si je puis dire. Ça me prend pas grand-chose pour me blesser, mais vraiment pas grand-chose. J’ai l’impression qu’on m’arrache une couche de peau et qu’on me laisse ainsi exposé.e aux éléments et au monde entier. Je m’excuse, c’est violent comme image, mais c’est aussi horrible que ça en a l’air.

C’est pour cette raison que toutes mes tentatives de suicide et mes séances d’automutilations se sont produites durant cette période du cycle.

À. chaque. hostie. de. fois.

Mes chicanes les plus violentes aussi. Comme disais, mes symptômes penchent moins vers l’agressivité, sauf que ma mère, c’était son cas. Et donc, comme on vivait sous le même toit, bah figurez-vous que parfois on avait notre TDPM en même temps.

Je vous laisse imaginer deux secondes.

Je ne souhaite pas rentrer dans les détails, parce que là ça ne concerne pas seulement moi mais aussi un membre de ma famille, sauf que parfois, c’était vraiment, mais vraiment pas beau. Sauf qu’il s’est passé des trucs graves qui ne s’oublient pas. C’est ma mère, je sais qu’elle va toujours m’aimer et je vais toujours l’aimer aussi. Je sais que c’était pas de sa faute et que c’était pas de la mienne non plus, cette saleté de TDPM peut vraiment nous faire perdre totalement le contrôle et ternir, voir gâcher des relations.

Un autre aspect, peut-être moins grave, mais chiant tout de même, c’est une baisse de concentration, voir de compréhension. Des trucs qui me paraissent normalement simples deviennent tout à coup compliqués… puis après mon TDPM, je comprend à nouveau. Les devoirs et les études deviennent des montages infranchissables. Tout devient juste… tellement plus difficile.

De plus, comme je l’ai écrit plus haut, ça peut se rajouter à d’autres trucs. Comme en ce moment, je suis en dépression. J’ai compris que quelque chose n’allait vraiment pas quand j’ai pris conscience que j’avais l’impression d’être constamment dans mon TDPM. D’ailleurs mon copain m’a dit exactement la même chose. Puis quand j’étais dans mon TDPM pour vrai, c’était juste insupportable. J’avais atrocement envie de mourir et je voulais pas que mon copain me laisse seul.e parce que j’avais trop peur de passer à l’acte si on me laissait à moi-même.

Maintenant que je suis sous antidépresseurs, je gère mieux ma dépression, ça m’aide vraiment. Sauf que malheureusement, ça n’aide pas mon TDPM. La prochaine étape, ce serait de trouver des médicaments qui puissent m’aider avec ça. Pour plusieurs raisons, je n’étais pas prêt.e à prendre de la médication pour mon TDPM, sauf qu’à un moment donné, ça sert à rien de souffrir.

Bon voilà, je crois que j’ai fait le tour de la question, du moins, en résumé. Je pourrais en parler encore longtemps, mais je crois que rendu ici, vous avez saisi l’essentiel. Faites juste nous croire quand on vous dit là, maintenant, ça va pas du tout, mais que dans une semaine ça ira probablement (un peu) mieux, aussi surprenant que ça puisse paraître.

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Le trouble dysphorique prémenstruel

3 réflexions sur “Le trouble dysphorique prémenstruel

  1. Stef dit :

    Bonjour,

    Merci beaucoup pour ce super article. Je cherchais de la documentation pour mieux comprendre le TDPM et c’est maintenant beaucoup plus clair pour moi.
    J’ai juste une question par rapport à cette phrase : « En fait, je ne m’étendrais pas trop sur le SPM, parce qu’il n’existe probablement même pas. C’est, encore une fois, une invention du patriarcat pour silencer et invalider le ressenti de celleux qui ont le malheur d’avoir un utérus. » e que tu veux dire par là, c’est qu’on utilise le SPM pour cacher d’autres pathologies ? Ou pour sortir l’argument fatal du « tu t’énerves, c’est parce que tu as tes règles » ? Si tu as d’autres sources (en plus de la vidéo) sur le mythe du SPM, ça m’intéresse beaucoup.

    Bonne journée,

    Stef

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