Oui, je fais de l’acné. Non, je ne veux pas de conseils

Je ressens un malaise depuis longtemps par rapport à une situation qui se produit constamment lorsque je mentionne que je fais de l’acné. Donc je vais tenter d’analyser et d’expliquer pourquoi ça me gêne, mais c’est possible que parfois je n’arrive pas à trouver les bons mots. Je tiens à préciser que j’ai fait de l’acné modérée au visage jusqu’à très récemment (j’ai commencé à en faire vers 17 ans, j’en ai 22 au moment où j’écris ce texte) et que j’ai encore quelques boutons avant mes règles, en plus d’avoir de l’acné légère en haut de ma poitrine depuis le début de ma puberté.

C’est qu’à chaque fois que je dis que je fais de l’acné, il y a toujours une personne pour me venir me donner des conseils… Alors que je n’ai absolument rien demander. Comprenez-moi bien, je sais très bien que ça part d’une bonne intention et je parle pas dans des cas où je demande explicitement des conseils pour mon acné. Mais je le ressens comme une espèce d’intrusion. Je m’ouvre sur quelque chose qui me fais sentir vulnérable et tout de suite ça part dans les injonctions à essayer tel ou tel truc et les gens s’improvisent dermatologues.

D’ailleurs iels ont toujours LA solution miracle à les entendre, il suffirait d’adopter tel ou tel régime, mettre tel ou tel produit, etc. Alors que selon mon expérience et selon ce que j’ai pu observé chez les autres, il n’y a pas de solution unique qui fonctionne pour toustes. C’est beaucoup d’essais-erreurs, de recherches, et surtout, de patience et de bienveillance envers soi.

La vérité qui fait mal : ça se peut que ça ne parte jamais complètement, ou alors que ça prenne de nombreuses années. Je dirai pas qu’il faut aimer son acné et être fier·e de sa peau malgré tout. Mais je crois qu’il faut être prêt·e à accepter que c’est possible qu’on ne revoit plus jamais notre peau d’avant. C’est décidément un deuil à faire (et je n’emplois pas ce mot à la légère, j’ai vécu plusieurs deuils très difficiles).

Et il y a des jours où je le vis mieux que d’autres. La plupart du temps, mon acné, ou du moins l’acné que j’avais jusqu’à récemment, me laisse à peu près indifférent·e. À d’autres moment, ça me rend triste ou ça me fait chier. Je me dis que ça serait plus facile et plus agréable de me maquillé·e si j’avais pas autant de rougeurs et d’irrégularité à couvrir. En passant, non, ce n’est pas parce qu’on porte une tonne de maquillage que ça cause forcément de l’acné. Est-ce certains ingrédients peuvent bloquer les pores et causer des boutons? Bien sûr. Mais en autant qu’on prenne certaines précautions comme se démaquiller le soir, soigner au minimum sa peau, éviter certains ingrédients et garder ses pinceaux et ses mains propres, ça ne devrait pas causer trop de problèmes.

C’est qu’en fait, je prend ces conseils non-sollicités comme étant une sorte d’intrusion. Voyez-vous, ce n’est pas nécessairement facile de parler d’une partie de son corps qui ne correspond pas aux normes de beauté établies. Je crois qu’en fait c’est assez évident et que la plupart des gens ont déjà vécu cette situation à un moment où à un autre. Mais il faudrait peut-être arrêter de voir ces variations comme étant un problème qu’il faut absolument régler au plus vite. Je suis au courant que c’est un peu différent avec l’acné que disons, par exemple, la grosseur ou la forme des seins, parce que l’acné, c’est carrément une maladie de la peau. Sauf qu’on est d’accord pour dire que ce n’est pas la pire des maladies, non? Je veux dire, en dehors bien sûr de l’impact que ça puisse avoir sur notre estime de soi, et je sais très bien que ça puisse être difficile à vivre, surtout en cas d’acné modérée à sévère, je ne veux absolument pas qu’on pense que je diminue l’impact psychologique que l’acné peut cause, ce n’est pas le cas. Les conséquences de l’acné peuvent être grave, ça peut même aller jusqu’à la dépression. Cependant, les conséquences psychologiques sont directement liées à la manière dont la société perçoit l’acné, et non pas l’acné en tant que telle.

Ainsi, comme je l’ai dit plus haut, mon acné me laisse en général assez indifférent·e… sauf lorsqu’on vient me donner des conseils que je n’ai pas demander. Là, je ressens un peu plus le regard des autres et ça me met franchement mal à l’aise. Donc, c’est très simple : ne donnez pas de conseils lorsqu’ils n’ont pas été sollicités, surtout lorsque ça a un rapport avec la gestion de notre propre corps, parce que ça peut devenir très rapidement très intrusif.

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