Poussière

Ça a l’air que ça me tente de dépoussiérer ce blog là genre 4 ans plus tard. En plein crise sanitaire en plus! Mais cet espace m’avait aidé lorsque plus rien ne faisait de sens… et je me dis que ça pourrait peut-être m’aider cette fois-ci aussi. Parce qu’en fait je suis un peu à la même place que v’là 4 ans. J’vais pas très très bien.

La grosse différence c’est que je pense que je suis pas la seule personne à mal aller. Ça fait genre quoi, 9 mois qu’on est en confinement on and off? C’est juste que là pu personne écoute les consignes pis #cavapasbienaller. J’ai décidé cette semaine de lâcher ma job. J’y pensais depuis des mois mais là j’ai atteint ma limite. Un beau jour v’là deux ans j’ai eu cette idée de génie d’aller étudier pour travailler dans le domaine funéraire… et c’est ce que j’ai fait! C’était bien un temps mais je dirais que travailler dans un (immense) salon funéraire en plein COVID-19… C’est pas exactement une job facile.

C’est quand même une étrange expérience de vie que de transférer des cendres humaines dans leur urne cinéraire… et de le faire de manière presque industrielle, presque à la chaîne. En faisant bien sûr toujours attention de mettre la bonne personne dans la bonne urne (mon pire cauchemar I swear). Les premières fois, je le faisais avec une intention, ou du moins j’essayais de pas le faire en ayant des sentiments négatifs en moi. Mais c’était pas toujours possible… et puis le temps, le temps qui manque toujours! Au niveau du poids aussi, souvent, les gens sont surpris ; c’est plus lourd qu’on le pense, des cendres humaines. C’est pas non plus le même poids entre une petite madame de 90 livres et quelqu’un qui a un poids beaucoup plus important. Le nombre de fois où j’ai remis des cendres à un membre de la famille et qu’iel s’est étonné du poids…

Je sais pas, j’essaie d’écrire des mots qui résonnent un peu chez quelqu’un en quelque part. C’est pas de la grande littérature, mais je me dis que les mots, dans le fond, ils sont là pour être tordus, déchirés, réimaginés. Mes auteur-e-s préféré-e-s, c’est ce qu’iels faisaient. Je me dis aussi que ces quelques mots c’est une minuscule capsule dans le temps sur la mort en tant de pandémie en 2020. J’écris ça, et ça fait tellement weird d’associer ces trois concepts-là : mort, pandémie, 2020. Ça feel trop real.

Je pense moins à mon genre… mais j’ai beaucoup moins rêvé, aussi. Dans un ancien article, je parle de cette idée que mon identité de genre, pour moi, est très liée à mon univers onirique. Là, aussi, l’affaire, c’est que j’essaie d’arrêter ma médication pour l’anxiété (avec OK du médecin) et que même si, oui, mon anxiété est assez présente en ce moment, j’ai cependant recommencé à rêver assez régulièrement (ou du moins me souvenir de mes rêves plus facilement). C’était un des premiers symptômes que j’avais remarqué avec ma médication…

Finalement, je suis ne pas pas complètement certaine (j’utilise présentement le féminin pour me genrer) d’avoir déjà expliquer l’origine du nom du blog et de me pseudonyme préféré sur les internets… Furie-Gélatine, c’est le nom donné au dernier acte de la pièce de théâtre La charge épormyable par Claude Gauvreau, un auteur Quebecois surréaliste. C’est une pièce extrêmement violente. Je ne l’ai pas lue depuis quelques années, mais je me souviens de la violence. D’où la Furie, peut-être… Et pour ce qui est de la gélatine, c’est également une substance très violente à la base, étant faite à base d’os et de peaux de cochons abattus pour la consommation humaine, le tout réduit en bouillie sans formes, sans odeurs, sans couleurs mais remplie de souffrance animale.

Il faut poser des actes d’une si complète audace, que même ceux qui les réprimeront devront admettre qu’un pouce de délivrance a été conquis pour tous

La charge de l’orignal épormyable, Claude Gauvreau

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :