Le flux libre instinctif

Avertissement de contenu : Menstruations, sang

Plusieurs personnes en ont entendu parler, mais peu de gens ont tenté l’expérience, et donc, assez peu de témoignages existent. Et vu le sujet, vous vous doutez bien que, malheureusement, la majorité de ces témoignages, si ce n’est la totalité, viennent de femmes cis. Alors, je vous propose de vous parlez du Flux libre instinctif, ou FLI en plus court, du point de vue d’une personne non-binaire qui éprouve beaucoup de dysphorie par rapport à ses menstruations.

D’abord, il me semble nécessaire de résumer un peu ma situation et mon ressenti par rapport à mes règles. Je souffre du trouble dysphorique prémenstruel et de dysménorrhée (menstruations douloureuses). Au moins, mes menstruations sont peu abondantes… c’est déjà ça! Mais sinon, j’ai toujours eu des menstruations méga chiantes. Sans rentrer dans les détails, j’ai vécu mes premières menstruations lors d’un événement extrêmement traumatisant, et donc ça restera probablement toujours un moment stressant et désagréable pour moi. Ceci étant dit, mes menstruations sont moins douloureuses qu’avant. Avant, j’avais beau prendre de puissants anti-inflammatoires prescrits, c’était comme prendre de l’eau. C’était très loin d’être suffisant. Ce qui m’a aidé, ça a été d’aller voir un chiropracticien, étrangement. Maintenant, je peux m’endurer avec du naproxen (naproxen sodique pour être exact ― au Québec, on peut en avoir sans prescription, mais il faut aller le demander au comptoir, ce n’est pas sur les étagères). Ce n’est pas complètement indolore et la douleur varie selon les cycles, mais j’arrive à être à peu près fonctionnel·le. Si je n’ai pas absolument à sortir, par contre, je ne sors pas.

Concernant le FLI, j’en avais entendu parler il y a quelques mois via une vidéo sur Youtube. En gros, pour celleux qui n’ont aucune idée de ce dont il s’agit, c’est le fait de ne pas porter de protection hygiéniques lors des menstruations, et de laisser le sang couler seulement en allant aux toilettes. Sincèrement, je me suis dit que c’était n’importe quoi et que ça ne pourrait jamais fonctionner avec moi. J’étais extrêmement sceptique. Je trouve encore que certains témoignages ont une drôle de manière d’abord les choses. Par exemple, je ne crois pas qu’on puisse parler « d’incontinence » par rapport à celleux qui ne pratiquent pas le flux libre. Est-ce qu’on est conditionné·e·s à croire qu’on a besoin de protection? Absolument. Mais je ne crois pas que le col de l’utérus fonctionne exactement comme l’urètre pour l’urine ou l’anus pour les selles. Après, je ne suis pas médecin, sauf que voilà, ça me semble un problématique de parler d’incontinence.

Puisque j’ai parlé du col de l’utérus, il serait bien probablement de mentionner que le FLI, ce n’est pas le vagin qu’on contracte. En fait, on ne contracte rien. Ce n’est pas vraiment un truc super conscient et volontaire. Selon mon ressenti, j’ai l’impression que c’est plutôt le col de l’utérus qui s’ouvre et qui se ferme. Parce qu’en fait, ce que je sais, c’est que le sang ne coule pas continuellement, mais plutôt par petits coups. Il s’agit donc d’aller aux toilettes lorsque le sang coule, et ça, ce n’est pas nous qui le décidons. On peut contracter le vagin, mais vraiment pas très longtemps. Le temps de se lever le matin pour courir aux toilettes.

Mais donc, concrètement, comment on fait ça? Ça change selon les gens, d’après ce que j’ai vu. Dans mon cas, c’est tout simplement que j’étais « en crise » de vestibulodynie. Je n’étais pas capable de mettre ma coupe menstruelle et je n’avais pas du tout envie de mettre une serviette. Les serviettes jetables m’irritent et je trouve les serviettes lavables trop épaisses et franchement inconfortable.

J’étais en mode fuck that shit, j’ai pas envie de me faire chier. Alors je me suis dit que j’allais juste rien mettre et que le pire qu’il allait arrivé, c’était que j’allais en mettre partout et puis c’est tout. Mais j’en ai pas mis partout, à mon grand étonnement! Ensuite, j’ai juste continuer à ne rien mettre. Je suis encore assez débutant·e, je m’échappe parfois. Sauf que sincèrement, je m’en fou. Ça n’a jamais transpercé mes pantalons ou quoi que ce soit. Je prends mes culottes « spécial menstruation » et c’est tout. Je suis pas mal certain·e que vous aussi vous avez des sous-vêtements qui servent à ça 😉 J’avais peur aussi que le fait que je prenne des anti-inflammatoires rendent mon sang trop liquide et donc que ça coule trop facilement, mais finalement, ça ne semble pas avoir un si grand impact.

C’est très simple finalement le flux libre instinctif. Il s’agit surtout, je crois, d’être dans un certain état d’esprit, ce dire qu’on a pas besoin de protection et de pas s’en faire si quelques gouttes nous échappe. Ce n’est pas nécessaire non plus d’être super en phase avec son corps ou d’être spirituellement connecté·e à son féminin sacré ou je ne sais quoi encore. Dans mon cas, j’ai juste été « ferme » envers mon corps. J’ai énormément souffert physiquement dans ma vie et j’ai pas mal passé mon enfance dans un hôpital, donc, vraiment, je suis pas quelqu’un qui est à l’aise avec son enveloppe corporelle. Je suis très loin également d’avoir une grande confiance en mes capacités physiques. Tout ça pour dire que c’est vraiment rien d’extraordinaire et je crois que c’est accessible à pas mal de gens, pour autant qu’on tente l’expérience. Puis si ça fonctionne pas bah… ça ne coûte absolument rien!

Pour les premières fois, je vous conseille vraiment de tester en premier chez vous, par contre. Parce que oui, les premières fois, on va aux toilettes au 10 min. Puis à un moment, on se rend compte que ça fait une heure qu’on n’y ait pas aller. Et ainsi de suite! Bon, personnellement, je suis un·e pisse-minute, donc de toute façon, je vais assez souvent aux toilettes, alors ça ne change pas vraiment ma fréquence. Pour la nuit, bah en autant que je ne dorme pas en étoile, tout va bien. Cependant, le matin, il faut vraiment y aller dès qu’on se réveille et c’est là que ça devient utile de contracter un peu le vagin. Souvent, je met aussi un mouchoir entre mes cuisses, comme ça si jamais j’ai pas le temps de me rendre, bah c’est pas plus grave.

Si j’en parle comme si c’était banal, c’est qu’en fait, ça l’est vraiment. C’est beaucoup plus facile qu’on le pense. De plus, ça aide un peu à désacraliser les menstruations, dans le sens où ça devient juste un truc qu’on évacue en même temps du reste, et, dans mon cas, ça m’a aidé aussi à atténuer encore un peu plus mes douleurs (dès que je mettais ma coupe menstruelle, je sentais que ça faisait une pression sur mon utérus et donc j’avais encore plus mal).

En bref, je crois que c’est une alternative à essayer qui gagnerait à être plus connue. J’espère aussi avoir pu l’aborder de manière plus inclusive et que ça va permettre à d’autres gens de se l’approprier, pour que ça n’appartienne plus exclusivement aux femmes cis.

Le flux libre instinctif

Vulvodynie et vestibulodynie, explications sans trace de cissexisme

Contenu : mention de parties génitales, sexualité et anxiété

D’abord, il est important de préciser que je ne suis pas médecin et que je n’ai aucune formation en médecine. Ceci étant dit, je vais parler de ma propre expérience et des informations que j’ai pu obtenir au fils de mes recherches par rapport aux douleurs vulvaires et vaginales.

Étant une personne non-binaire, je trouve très pénible que toutes les sources d’informations sur ce sujet soient systématiquement cissexiste, c’est à dire que l’on assume que toutes les personnes qui éprouvent de telles douleurs sont des femmes, en plus d’être hétéronormatives.

Donc je vous propose de vous informer et d’éviter toute cette merde. Je vais surtout parler ici de vestibulodynie puisque je souffre de cette maladie, et que c’est le type de vulvodynie le plus fréquemment diagnostiqué. Je prévois écrire un second article qui parlera cette fois-ci du vaginisme.

La vulvodynie est définie comme étant  « un inconfort vulvaire chronique, le plus souvent à type de brûlure, sans lésion visible pertinente et sans maladie neurologique cliniquement identifiable », selon Wikipédia. Bon, c’est très vague et ça ne dit pas grand-chose… Et pourtant, c’est pas mal ça, en fait. Ça fait mal, voir très mal, voir extrêmement mal, et on n’a aucune idée pourquoi ça fait si mal.

Les vulvodynies peuvent être primaires ou secondaires. Elles sont dites primaires lorsque les symptômes sont présents dès les premières tentatives de pénétration et secondaires lorsque les symptômes apparaissent après des mois ou des années de relations sexuelles sans douleur. De plus, lorsque je parle de relations sexuelles, je ne parle bien sûr pas seulement d’une pénétration par un pénis : un seul doigt peut faire extrêmement mal, ou même seulement toucher/lécher la vulve. D’ailleurs, personnellement, un doigt peut me faire beaucoup plus mal que quelque chose de plus gros, comme un pénis ou un gode. Je crois que ça tient surtout à l’irrégularité de sa forme plutôt qu’à sa grosseur.

Malheureusement, comme beaucoup de maladies qui touchent exclusivement celleux qui possède un vagin, ces maladies sont très mal comprises auprès des médecins, et de ce fait, il n’y a pas de traitement magique universel qui fonctionne pour toustes. Ça n’aide pas non plus que cette maladie soit totalement invisible. À la limite, pour ce qui est de la vestibulodynie du moins, on peut voir des rougeurs, mais c’est à peu près tout.

Imaginez mon désarrois lorsque, pour comprendre pourquoi j’avais si mal à l’entrée du vagin, j’ai pris mon miroir pour voir ce qui clochait et que je n’ai absolument RIEN vu. Moi qui m’attendais à voir des lésions infectées, à la limite quelques égratignures… Mais non, RIEN.

Il s’est passé plus de 6 mois et j’ai dû consulté deux gynécologues avant d’avoir un diagnostic. Et encore, j’ai été chanceuxe. Pour certain·e·s, ça prend des années (10, 20, 30 ans, voir encore plus) et plusieurs gynécologues différent·e·s (parfois plus de 6-7 différent·e·s) pour parvenir à obtenir un diagnostic.

On m’a prescrit·e une crème, dont je ne me rappelle absolument plus du nom, pour réduire temporairement les douleurs. Mais ce qui m’a le plus aidé·e, ça a définitivement été la rééducation périnéale (également appelé physiothérapie ou kinésithérapie périnéale). Donc en gros, une rééducation des muscles du plancher pelvien, c’est-à-dire les muscles autour du vagin, de l’urètre et de l’anus. Dans mon cas, j’en ai fait pendant 6 mois. Puis par la suite, j’ai suivit une thérapie avec une sexologue pendant un an. Parce que bien que ça soit une maladie physique, le mental peut quand même influencer beaucoup de choses. Je remarque que lorsque je suis vraiment très stressé·e, j’ai souvent une « crise », je recommence à avoir mal à mon vestibule, tout comme j’ai mal au dos durant les mêmes moment de stress. C’est la même chose avec beaucoup de maladies chroniques et la vestibulodynie/vulvodynie n’y échappe pas.

Comme vous l’aurez compris donc, ça peut partir et revenir. Mais, toujours selon ma situation personnelle, ce n’est jamais revenu aussi intense que lorsque j’ai été diagnostiqué. Je n’ai jamais eu besoin de refaire une rééducation périnéale. C’est aussi en partie parce que j’ai trouvé quelques petits trucs maisons pour me soulager avant que ça devienne insupportable.

Je vous propose ainsi de vous le les partager. Ça ne remplace évidemment pas une rééducation périnéale ou une médication prescrite par un·e médecin, mais ça peut toujours dépanner!

  • Se relaxer. Oui, je sais, plus facile à dire qu’à faire. Mais comme je l’ai dit, pour moi, le stress a une énorme influence sur mes douleurs.
  • Appliquer de la teinture glycérée d’hydraste du Canada (PAS celle à base d’alcool!!!) sur les zones douloureuses. On trouve ces teintures en magasin d’aliments naturels. Elle sert à soigner les infections et à soulager l’inflammation (on s’intéresse donc à ses propriétés anti-inflammatoires). En anglais, elle se nomme « goldenseal ».
  • Investir dans un vibrateur. Les vibrations aident à détendre mon périnée et à l’engourdir un peu, ce qui fait que j’ai moins mal. Je ne rentre pas le vibrateur en moi, je ne fait que le laisser entre mes jambes.
  • Les douches froides entre les jambes. Oh yeah, c’est pas suuuuper agréable, mais ça calme un peu l’inflammation et après on se sent un peu mieux!
  • Une douche (froide) après avoir uriner. Ouep, mon urine me fait mal. Il doit y avoir quelque chose qui m’irrite, peut-être un pH trop acide ou basique, je ne sais pas trop. C’est pas une infection urinaire hein, c’est vraiment quand l’urine rentre en contact avec ma vulve. C’est peut-être même les produits chimiques sur le papier de toilette qui m’irritent plutôt que l’urine en tant que telle. Enfin bref!

Vous remarquerez que jusqu’ici, je n’ai pas encore parler de ce qui cause la vestibulodynie / vulvodynie. Eh bien, c’est qu’on ne sait pas trop. Comme je l’ai dit au début, c’est une maladie très mal connue. Ça peut être un ensemble de plusieurs causes. Certain·e·s disent avoir guéri·e·s en arrêtant la pilule contraceptive, donc ça a peut-être un lien avec les hormones (je précise d’ailleurs que je n’utilise pas de contraception hormonale et que je ne suis pas sous testostérone). Certain·e·s disent avoir guéri·e·s en accouchant (bien que je conseillerais pas ça comme un traitement en soit lol). J’aimerais tellement vous donnez plus d’informations, mais personne ne semble vraiment être en mesure de le faire…

Alors, en conclusion, je vous dirais d’essayer d’être bienveillant·e envers vous-mêmes. La société peut vraiment être immonde envers les gens qui ne veulent ou ne peuvent pas avoir de relations sexuelles. C’est à vous de fixer vos propres buts, vous ne ressentez peut-être pas le besoin de parvenir à avoir des pénétrations vaginales et votre ressenti est valide. J’ai surtout parler de relations sexuelles parce que cette maladie a évidemment une grande influence sur cet aspect, sauf que ça affecte aussi quel type de produits hygiéniques on porte lors des menstruations ou la possibilité ou non de faire du vélo, par exemple (encore aujourd’hui, la selle d’un vélo me rent très inconfortable). Quand j’ai été diagnostiqué, j’avais constamment mal, je n’arrivais plus à dormir, donc clairement on peut pas vivre avec ça. Lorsque je voyais une scène érotique dans un film, la première chose qui me venait en tête, c’était la douleur… et ce n’est pas quelque chose avec lequel je vivais bien. Maintenant, il m’arrive parfois d’avoir mal temporairement avant ou après une relation sexuelle avec pénétration, mais la majorité du temps, ça finit par passé tout seul. Dernièrement, j’ai recommencé à avoir des difficultés à ce niveau. Cependant, je crois maintenant souffrir de vaginisme, qui sera l’objet de mon prochain article.

J’espère avoir pu vous renseignez un peu sur la vestibulodynie / vulvodynie en vous épargnant un peu de cissexisme ordinaire (:

 

Vulvodynie et vestibulodynie, explications sans trace de cissexisme

Le trouble dysphorique prémenstruel

Contenu : menstruations

Aujourd’hui je vais vous parlez d’une maladie qui me concerne. Comme ça, la prochaine fois qu’on me demande ce que c’est, je pourrai balancer cet article au lieu de la page Wiki peut-être que vous allez découvrir ou mieux comprendre une maladie bien réelle mais très mal connue.

Je vais commencer par parler du syndrome prémenstruel ou SPM. Pour une raison que j’ignore, lorsque je parle du SPM aux camarades français.e.s, iels ne semblent pas comprendre ce dont je parle. C’est pourtant une expression courante en Amérique du Nord. Le SPM, c’est l’ensemble des symptômes qu’un.e assigné.e femme fertile présente avant ses menstruations. Ça inclue toutes sortes de symptômes physiques et psychologiques.

En fait, je ne m’étendrais pas trop sur le SPM, parce qu’il n’existe probablement même pas. C’est, encore une fois, une invention du patriarcat pour silencer et invalider le ressenti de celleux qui ont le malheur d’avoir un utérus.  Les symptômes du SPM sont tellement vagues et nombreux que ça peut être à peu près n’importe quoi. En plus, plusieurs études ont démontré que lorsqu’on demande à celleux qui souffriraient du SPM d’écrire leurs symptômes au cour de leur cycle, on remarque qu’en fait il n’y aucune corrélation avec les symptômes et le moment du cycle. Or, le SPM est censé être durant la phase lutéale du cycle, soit la phase après l’ovulation et avant les règles.

Pour plus d’informations sur le mythe du SPM, je vous met en lien un TEDx d’une psychologue sur le thème du SPM.

D’ailleurs, elle mentionne justement le trouble dysphorique prémenstruel, qui est quant à lui bien réel, quoi que plutôt rare, puisqu’il ne toucherait que 2 à 5% des gens nés avec un utérus (Source). Ça en fait c’est sa bonne nouvelle! L.O.L. Bonne nouvelle pour celleux qui n’en souffrent pas, oui. Pour celleux qui font partis de ce 2 à 5%, c’est une tout autre histoire. Pour qu’un diagnostique du TDPM (trouble dysphorique prémenstruel, en plus court) soit posé, il faut qu’au moins 5 des 11 symptômes soient présents dans la plupart des cycles (Source). Les symptômes touchent surtout l’humeur. On peut devenir très irritable, dépressifve ou anxieuxe. Chez moi, je suis surtout d’humeur dépressive et anxieuse, alors que ma mère était plutôt irritable. Et oui, ma mère avait un TDPM aussi. Enfin, contrairement à moi, elle n’a pas été “officiellement” diagnostiquée, mais c’est pas mal évident qu’elle l’était aussi selon ce qu’elle me dit et selon ce que j’ai pu voir et vivre quand elle entrait dans cette période.

Dans le monde médial, ça ne fait pas consensus si le TDPM est une maladie mentale ou physique. Mais honnêtement, personnellement, ça ne change pas grand-chose à ma vie. Je voudrais juste qu’on reconnaisse notre souffrance et qu’on nous croit lorsqu’on en parle. Il ne faut pas oublier qu’on peut souffrir de d’autres maladies mentales en plus de ça. Souvent, le TDPM peut d’ailleurs accentuer une autre neuroatypie.

Trigger Warning : dépression, suicide, automutilation, anxiété

À partir d’ici, je vais parler de mon ressenti plus explicitement et ce que ça implique dans ma vie. Comme je l’ai dit, on ne vit pas toustes le TDPM de la même manière, sauf qu’il est bien important de comprendre une chose : c’est extrêmement pénible et ça nous empêche de fonctionner normalement. Dans mon cas, je peux être dans ma période de TDPM juqu’à 10 jours avant mes règles + 1-2 jours après le début de mes règles, sur un cycle d’environ 30 jours (je ne suis pas régulier.e)… Donc calculez qu’environ une journée sur trois dans ma vie, je me sens systématiquement vraiment pas bien.

Donc comme je disais, chez moi, ça s’exprime surtout par l’anxiété et un état dépressif, parfois je peux être irritable mais c’est moins marqué que chez d’autres concerné.e.s. Le premier symptôme que je remarque, c’est la sensation d’avoir un point dans la poitrine, de me sentir serré.e, avoir l’impression de ne pas pouvoir bien respirer… Bref, de l’anxiété. Et ça, ça m’arrive même quand tout va bien dans le meilleur des mondes. Alors, quand j’ai des raisons d’être angoissé.e, c’est encore pire.

Au fil des jours, l’anxiété augmente, puis je finis par entrer dans un état dépressif. Je suis déjà hyper sensible en temps normal, sauf que là je deviens méga hyper sensible, si je puis dire. Ça me prend pas grand-chose pour me blesser, mais vraiment pas grand-chose. J’ai l’impression qu’on m’arrache une couche de peau et qu’on me laisse ainsi exposé.e aux éléments et au monde entier. Je m’excuse, c’est violent comme image, mais c’est aussi horrible que ça en a l’air.

C’est pour cette raison que toutes mes tentatives de suicide et mes séances d’automutilations se sont produites durant cette période du cycle.

À. chaque. hostie. de. fois.

Mes chicanes les plus violentes aussi. Comme disais, mes symptômes penchent moins vers l’agressivité, sauf que ma mère, c’était son cas. Et donc, comme on vivait sous le même toit, bah figurez-vous que parfois on avait notre TDPM en même temps.

Je vous laisse imaginer deux secondes.

Je ne souhaite pas rentrer dans les détails, parce que là ça ne concerne pas seulement moi mais aussi un membre de ma famille, sauf que parfois, c’était vraiment, mais vraiment pas beau. Sauf qu’il s’est passé des trucs graves qui ne s’oublient pas. C’est ma mère, je sais qu’elle va toujours m’aimer et je vais toujours l’aimer aussi. Je sais que c’était pas de sa faute et que c’était pas de la mienne non plus, cette saleté de TDPM peut vraiment nous faire perdre totalement le contrôle et ternir, voir gâcher des relations.

Un autre aspect, peut-être moins grave, mais chiant tout de même, c’est une baisse de concentration, voir de compréhension. Des trucs qui me paraissent normalement simples deviennent tout à coup compliqués… puis après mon TDPM, je comprend à nouveau. Les devoirs et les études deviennent des montages infranchissables. Tout devient juste… tellement plus difficile.

De plus, comme je l’ai écrit plus haut, ça peut se rajouter à d’autres trucs. Comme en ce moment, je suis en dépression. J’ai compris que quelque chose n’allait vraiment pas quand j’ai pris conscience que j’avais l’impression d’être constamment dans mon TDPM. D’ailleurs mon copain m’a dit exactement la même chose. Puis quand j’étais dans mon TDPM pour vrai, c’était juste insupportable. J’avais atrocement envie de mourir et je voulais pas que mon copain me laisse seul.e parce que j’avais trop peur de passer à l’acte si on me laissait à moi-même.

Maintenant que je suis sous antidépresseurs, je gère mieux ma dépression, ça m’aide vraiment. Sauf que malheureusement, ça n’aide pas mon TDPM. La prochaine étape, ce serait de trouver des médicaments qui puissent m’aider avec ça. Pour plusieurs raisons, je n’étais pas prêt.e à prendre de la médication pour mon TDPM, sauf qu’à un moment donné, ça sert à rien de souffrir.

Bon voilà, je crois que j’ai fait le tour de la question, du moins, en résumé. Je pourrais en parler encore longtemps, mais je crois que rendu ici, vous avez saisi l’essentiel. Faites juste nous croire quand on vous dit là, maintenant, ça va pas du tout, mais que dans une semaine ça ira probablement (un peu) mieux, aussi surprenant que ça puisse paraître.

Le trouble dysphorique prémenstruel